André Reboul Promo 1951

Je ne suis qu’un débutant au PC, donc pour revenir à l’école du frioul j’ai bien fait la première formation 51, 52 mais avec nous il y avait des gars de 18 ans qui ne faisaient que six mois de stage.

J’ai atterri au frioul par hasard – un concours dans la presse marseillaise – que j’ai réussi et me voila embarqué pour neuf mois.
Je sortais de mon bled de Bandol ne sachant rien de la vie en ville et en communauté; à quinze ans j’étais encore minot par rapport à ceux de Marseille, la vie à l’école me plaisait : matelotage { je sais toujours faire les épissures et les nœuds ça me rend service pour mon bateau ), j’ai beaucoup aimé la forge, travailler le fer rouge c’était le pied.
Donc le soir après les cours quartier libre sans quitter l’école, mais comme il n’y avait pas de clôtures et l’île nous appartenait, les casemates des allemands étaient intactes ainsi que les canons anti-aériens et l’on se faisait un plaisir de tout faire fonctionner jusqu’à ce qu’une jeep de la marine nous fasses déguerpir, puis le lendemain, le sermon du directeur!
On récupérait de la poudre en sac et l’on faisait des feux dans lequel on jetait des cartouches à fusil puis on se planquait pour éviter d’être touché, le dimanche quelques fois je restais sur l’ile pour aller pêcher sur des radeaux de notre fabrication ou vadrouiller dans l’ile,  visiter l’hôpital qui était en ruine ou les parcs à moules. Comme punition il fallait charrier 20 brouettes de terre pour aplanir le terre-plein devant l’école afin de faire un terrain de foot, ce qui était sympa. Quand on apprenait à faire de la voile nous allions jusqu’à la pointe rouge et pour virer de bord il fallait descendre la grand voile pour la passer de l’autre cote et la hisser; par contre pour ramer les avirons étaient trop long et trop lourd pour un gamin de 15 ans.
Je me souviens que nous allions à la Joliette sur un navire désarmé récupérer du matériel pour l’école, c’était le gouverneur général Lépine ou Chantilly, au bout de six mois de cours: examens pour choisir sa qualification, je pris adsg sur les conseils d’un ami de mon père car j’ignorais tout de ce que cela représente à bord, heureusement la vie est plus agréable au contact des passagers que à la machine ou au pont. J’embarquais pour mon premier voyage sur le maréchal Joffre pour Madagascar puis il a remplacé le Champolion qui s’est échoué à Beyrouth.
14 mois de bord et je voulais rester à bord, je ne comprenais pas qu’il fallait aller en congé .Voila ce qui me reste comme bons souvenirs du Frioul et de mes 14 ans de navigation, j’ai quitté en 1970 et c’était la fin des Messageries-Maritimes. Au cours de mes voyages j’ai fait des films huit millimètre que j’ai donnés à la French Line pour archive…

Reconversion.
En 69 sur le LAOS j’ai fait la connaissance de Mr BONTOUX passager qui allait rendre visite a son frère agent des .M.M a Hong Kong, il me dit que son frère l’avait informé que les .M.M  étaient finis me demandant ce que je comptais faire après les .M.M je lui répondis qu’étant dans la restauration j’irai dans un hôtel, il me donna sa carte me disant que si je ne trouvais pas d’emploi il me ferait entrer au chantier de la ciotat comme soudeur.il etait directeur des écoles Louis Benet.donc je me suis retrouvé a participer a la construction de plusieurs bateaux pour les m.m et autres cie,ainsi que de gros pétroliers ce qui me permis de retrouver des copains qui venaient prendre livraison des bateaux. Le hasard m’a fait rester aux M.M malgré ma reconversion.